En bref
En 2025, le frelon asiatique (Vespa velutina) est installé dans la quasi-totalité des départements français. La question n’est plus « est-il présent ? » mais à quel point il se densifie localement et combien de nids passent sous les radars. Cette progression a des conséquences concrètes : pression sur les abeilles, perturbation de la biodiversité, hausse des interventions chez les particuliers et risques si un nid se développe près d’une habitation.
- Point clé : beaucoup de nids ne sont jamais repérés (forêts, cimes, zones difficiles).
- Conséquence : les chiffres publics sont des indicateurs, pas un comptage exhaustif.
- Bon réflexe : si vous repérez un nid, ne touchez pas et signalez-le sur SignalNids.
Population du frelon asiatique en France : évolution (2004 → 2025)
Depuis les premières observations au début des années 2000, l’espèce a progressé rapidement : d’abord quelques foyers, puis une colonisation continue jusqu’à couvrir presque tout le pays. En 2025, la tendance majeure est la densification : davantage de nids par zone, parfois plus tôt dans la saison.
- Colonisation : quasi totale à l’échelle nationale.
- Densité : hausse locale (plus de signalements, plus d’interventions).
- Saisonnalité : activité prolongée quand les hivers sont plus doux.
Repères (ordre de grandeur)
Les données varient selon les territoires et les sources (collectivités, apiculture, désinsectisation, plateformes). Voici un tableau de repères pédagogiques (tendance générale) :
Pourquoi le frelon asiatique prolifère-t-il aussi vite ?
1) Des hivers plus doux = plus de reines survivent
Le moteur du cycle est la reine fondatrice. Si elle passe l’hiver, elle peut lancer un nid au printemps. Quand les périodes de gel sont plus courtes, la survie augmente et, mécaniquement, le nombre de nids potentiels grimpe.
2) Une nourriture abondante (ville et campagne)
Le frelon asiatique est opportuniste : insectes, fruits, sources sucrées, et surtout des abeilles devant les ruches. Cette abondance réduit la « limitation naturelle » par les ressources.
- Abeilles domestiques (pression devant les ruches)
- Insectes variés (mouches, guêpes, papillons...)
- Fruits mûrs, déchets sucrés (vergers, poubelles, terrasses)
3) Une capacité d’adaptation impressionnante
Nids en hauteur, en haie, sous toiture, dans un abri, parfois près du sol : l’espèce occupe des environnements très différents, ce qui complique la détection et favorise la densification.
Comment estime-t-on la population de frelon asiatique ?
Il n’existe pas de comptage national exact. On raisonne à partir de 3 indicateurs complémentaires :
1) Le nombre de nids repérés / détruits
Chaque année, des nids sont signalés via les collectivités, les réseaux apicoles, les professionnels et des plateformes comme SignalNids. Ces chiffres reflètent une tendance, mais une partie des nids reste invisible (cimes, forêt, zones peu fréquentées).
2) Le nombre d’individus par nid
Un nid peut contenir de l’ordre de 1 000 à plusieurs milliers d’individus en pleine saison, selon sa taille et sa maturité. C’est ce qui explique qu’un nombre de nids « raisonnable » produise au final une pression très forte.
3) Le cycle biologique (effet exponentiel)
En fin de saison, un nid produit des futures reines. Même si une petite fraction survit à l’hiver, cela suffit à entretenir une croissance importante d’une année à l’autre dans les zones déjà colonisées.
Conséquences : abeilles, biodiversité, particuliers
Un impact fort sur les abeilles et les ruchers
Le frelon asiatique peut stationner devant les ruches et capturer les abeilles à la sortie. Cela affaiblit les colonies et augmente le stress, avec des pertes parfois importantes selon les secteurs.
Une hausse des découvertes de nids chez les particuliers
- Combles, toitures, avancées de toit
- Haies, arbustes, abris de jardin
- Bâtiments agricoles, entrepôts
Un risque réel près d’un nid
Le frelon asiatique n’attaque pas « gratuitement », mais il défend son nid. Les accidents surviennent souvent lors de travaux (taille, élagage, rénovation) quand le nid est découvert trop tard.
Un coût financier qui augmente
La destruction par un professionnel varie selon la hauteur et l’accès (toiture, arbre haut, nacelle). Rapporté à de nombreux nids, cela représente un budget significatif pour les particuliers et certaines collectivités.

Quelles perspectives d’ici 2030 ?
Le territoire étant largement colonisé, l’enjeu est la densification : plus de nids dans les zones déjà touchées, parfois une saison plus longue, et des détections difficiles en zones boisées. Sans amélioration du repérage et de la coordination, la pression restera forte localement.
- repérage précoce (nids primaires)
- signalement centralisé (cartographie + priorisation)
- interventions professionnelles (sécurité + efficacité)
Que faire si vous découvrez un nid de frelon asiatique ?
1) Ne jamais intervenir seul
Même un nid qui paraît petit peut déjà contenir beaucoup d’individus. Les méthodes « maison » augmentent le risque de piqûres et réussissent rarement à neutraliser totalement la colonie.
2) Garder ses distances et prendre une photo à bonne distance
Éloignez enfants/animaux, notez l’emplacement et prenez une photo (zoom) sans vous approcher. Une image aide à valider l’espèce et à prioriser.
3) Signaler sur SignalNids (rapide)
Plus le signalement est précis (adresse, hauteur, support, photo), plus il est traité efficacement.
🔔 Signaler un nid sur SignalNids 🗺️ Voir la carte
FAQ
La population de frelon asiatique baisse-t-elle en hiver ?
L’activité diminue fortement. Le nid n’est plus actif comme en été, mais des reines peuvent hiverner et relancer un nid au printemps.
Combien de frelons dans un nid ?
Selon la taille et la maturité, un nid peut contenir de l’ordre de milliers d’individus en pleine saison.
Pourquoi voit-on plus de frelons près des maisons ?
Parce qu’ils trouvent facilement nourriture, abris (toitures, haies, cabanons) et zones calmes. Les jardins et zones pavillonnaires peuvent être favorables.
Qui contacter pour faire enlever un nid ?
La procédure varie selon la commune. Dans tous les cas, commencez par le signalement, puis suivez l’orientation vers les acteurs locaux.
Conclusion
En 2025, la population de frelon asiatique en France est surtout marquée par la densification : plus de nids repérés, plus d’interventions, et des impacts concrets sur les abeilles et la sécurité locale. La meilleure réponse reste collective : repérer, documenter, et signaler rapidement pour permettre une prise en charge adaptée.