Voir un ou plusieurs frelons se poser sur des figues mûres est impressionnant, surtout au moment de la récolte. Faut-il abandonner les fruits ? Pas nécessairement. Une cueillette peut parfois être envisagée lorsque les visiteurs sont peu nombreux, que l’arbre est accessible depuis le sol et qu’aucun indice ne suggère la présence d’un nid. En revanche, il ne faut jamais promettre une récolte « sans danger » : la prudence consiste à attendre le départ des insectes, à inspecter chaque fruit et à renoncer dès que la situation devient incertaine.
Pourquoi les frelons asiatiques viennent-ils sur les figues mûres ?

Les adultes recherchent des ressources sucrées
Les ouvrières adultes ont besoin de glucides pour assurer leurs déplacements et leurs activités. Elles peuvent exploiter le nectar, la sève, les liquides sucrés et les fruits arrivés à maturité. Un avis de l’Anses mentionne explicitement la consommation de fruits mûrs et de nectar par les adultes. Une étude publiée en 2024 sur les productions fruitières de la péninsule Ibérique décrit également une alimentation sur les fruits, principalement observée en été pendant leur maturation. ([agriculture.gouv.fr](https://agriculture.gouv.fr/sites/default/files/documents/pdf/avis_2013-SA-0110-SO2_cle4a11f4.pdf?utm_source=openai))
La figue est particulièrement attractive lorsqu’elle est très mûre, fendue, percée par un oiseau ou déjà tombée. Sa pulpe devient directement accessible et son odeur peut attirer plusieurs insectes : frelons à pattes jaunes, frelons européens, guêpes, abeilles, mouches ou papillons. La présence d’un grand insecte sur un fruit ne suffit donc pas à l’identifier. Un individu sombre peut notamment être confondu avec une abeille charpentière ; notre guide sur le frelon noir et les confusions possibles aide à faire la différence sans capturer l’animal.
Un arbre nourricier n’abrite pas forcément un nid
Un frelon posé sur une figue peut venir d’une colonie située bien au-delà du jardin. Quelques visites espacées indiquent d’abord l’existence d’une ressource alimentaire, pas celle d’un nid dans l’arbre. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on peut observer des frelons asiatiques dans un jardin dépourvu de nid visible.
La situation mérite cependant une observation plus attentive lorsque de nombreux individus circulent sans interruption, disparaissent tous dans la même zone du feuillage ou entrent dans une cavité, un abri, une haie ou un bâtiment voisin. Cette répétition peut correspondre à une ressource très attractive, mais aussi à un nid proche. Il ne faut pas chercher à trancher en écartant les branches ou en suivant les insectes dans une végétation dense.
Peut-on récolter les figues lorsqu’un frelon est présent ?
Oui, dans certaines conditions limitées, mais jamais en cueillant au contact direct de l’insecte. La bonne décision dépend moins du nombre total de fruits que de la visibilité, de l’accessibilité de l’arbre et du comportement observé.
Une récolte peut être envisagée si toutes les conditions sont réunies
- Un ou deux insectes seulement sont observés, avec des visites espacées.
- Aucun frelon n’est posé sur les fruits que vous allez prendre.
- Vous voyez entièrement votre main, le fruit et la branche avant chaque geste.
- Les figues sont accessibles depuis le sol, sans échelle ni position instable.
- Aucun passage régulier ne mène vers un nid ou une cavité.
- Vous pouvez vous éloigner immédiatement sans traverser une zone de vol.
- La personne qui récolte n’a pas d’allergie connue au venin d’hyménoptères.
Même dans ce contexte, attendez que les insectes aient quitté la partie concernée de l’arbre. Observez quelques minutes à distance avant de commencer. Cueillez lentement, fruit par fruit, sans taper sur les branches. Déposez les figues dans un récipient ouvert afin de pouvoir vérifier son contenu avant de le transporter à l’intérieur.
Il faut reporter ou abandonner la cueillette dans ces situations
- Plusieurs frelons sont présents simultanément sur une petite zone.
- Les fruits sont cachés derrière un feuillage épais.
- Les insectes reviennent immédiatement après votre approche.
- Un vol régulier entre l’arbre et un point fixe est visible.
- Vous entendez une activité importante sans voir précisément sa provenance.
- La récolte impose de secouer l’arbre, de couper une branche ou d’utiliser une échelle.
- Des enfants ou des animaux ne peuvent pas être tenus à l’écart.
- Un nid est visible ou raisonnablement suspecté à proximité.
Le développement estival des colonies peut conduire à une augmentation rapide du nombre d’ouvrières. Pour comprendre cette évolution, consultez notre article sur le temps de construction d’un nid de frelon asiatique. Une colonie mature peut réunir beaucoup plus d’individus que ceux visibles à un instant donné ; le nombre de visiteurs présents sur le figuier ne permet donc pas d’évaluer seul la taille du nid. Notre dossier explique également combien de frelons peuvent se développer dans une colonie.
Comment cueillir avec le moins de risque possible ?
Choisir une période calme sans se fier uniquement à l’heure
Une étude menée sur des ouvrières équipées de marqueurs a enregistré 98 % de leurs trajets entre 7 heures et 20 heures, avec un maximum d’activité en début d’après-midi dans les conditions étudiées. Le nombre de sorties augmentait également avec la température et une humidité plus faible. Ces résultats confirment une activité principalement diurne, mais ils ne permettent pas d’affirmer qu’une heure précise serait toujours sûre. La météo, la saison et les ressources locales modifient le rythme des visites. ([pmc.ncbi.nlm.nih.gov](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6106190/?utm_source=openai))
Une matinée fraîche peut parfois être plus calme, mais seule l’observation de l’arbre compte. Si un frelon est présent, attendez. Ne tentez pas de le chasser pour profiter d’un créneau supposé favorable.
Adopter une méthode de récolte prudente
- Regardez d’abord depuis plusieurs mètres. Repérez les fruits visités et le sens de déplacement des insectes.
- Éloignez les enfants et les animaux. Ils ne doivent pas jouer sous l’arbre ni ramasser les fruits tombés pendant l’observation.
- Portez des chaussures fermées et des vêtements couvrants clairs. Cette précaution limite certains contacts accidentels, mais ne constitue jamais une protection suffisante près d’un nid.
- Approchez seulement une zone sans insecte visible. Conservez une voie de recul dégagée.
- Inspectez chaque figue avant de la toucher. Regardez sa face inférieure, son ouverture et les feuilles voisines.
- Coupez ou détachez le fruit sans secousse. N’utilisez pas de souffleur et ne frappez pas les branches.
- Contrôlez le panier avant de rentrer. Un insecte peut rester caché contre ou dans un fruit ouvert.
Évitez le parfum et les produits cosmétiques fortement odorants. Ne récoltez pas pieds nus et ne portez pas une figue directement à la bouche sous l’arbre. Les recommandations de l’Assurance Maladie invitent notamment à rester calme, à éviter les gestes brusques et à être prudent à proximité des plantes à fruits. ([ameli.fr](https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/piqures-guepes-abeilles-frelons-bourdons))
Que faire des figues visitées ou abîmées ?
Le passage d’un frelon ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’une figue est toxique. Le principal problème pratique est différent : un fruit ouvert peut dissimuler un insecte, avoir commencé à fermenter ou avoir été souillé et colonisé par divers organismes. Il faut donc le manipuler avec davantage de précautions.
- Ne prenez jamais une figue encore occupée.
- Laissez de côté les fruits autour desquels les insectes restent nombreux.
- Écartez les figues très éclatées, fortement fermentées, moisies ou souillées.
- Lavez les fruits récoltés à l’eau potable.
- Ouvrez les figues avant de les manger, surtout si leur ostiole est large ou si leur peau est fendue.
- Ne pressez pas avec les doigts une cavité dans laquelle un insecte pourrait être caché.
Ramasser régulièrement les fruits tombés, uniquement lorsque la zone est calme, réduit les ressources sucrées laissées au sol. Placez-les dans un contenant fermé adapté aux biodéchets. Cette mesure d’entretien ne supprimera pas une colonie et ne doit pas être réalisée si des frelons sont encore en train de s’alimenter.
Les erreurs qui rendent la situation plus dangereuse
Chasser les frelons ou traiter l’arbre
N’essayez pas de faire partir les insectes avec un jet d’eau, un balai, de la fumée, un aérosol ou un appareil soufflant. Ces gestes peuvent déclencher des réactions défensives, disperser les insectes dans le feuillage ou vous faire perdre l’équilibre. Pulvériser un insecticide sur un arbre fruitier expose en outre les fruits, les pollinisateurs et l’environnement à un produit qui n’est pas nécessairement autorisé pour cet usage.
Installer un piège juste à côté des fruits
Un piège sucré placé sous le figuier peut attirer davantage d’insectes dans la zone où vous circulez. Il capture aussi des espèces non ciblées et n’élimine pas le danger représenté par un éventuel nid. L’Anses déconseille les pièges artisanaux au sirop autour d’un nid, en soulignant leur impact sur d’autres insectes et leur effet presque nul sur la colonie visée. ([anses.fr](https://www.anses.fr/fr/content/piqures-de-guepes-frelons-abeilles-quel-bilan-depuis-2014))
Monter sur une échelle ou explorer le feuillage
Une piqûre ou un simple mouvement de recul peut provoquer une chute. Si les fruits ne sont pas accessibles depuis le sol, mieux vaut les laisser temporairement en place. Ne coupez pas une grosse branche occupée et ne cherchez jamais un nid en plongeant la tête ou les mains dans la ramure.
Quand suspecter un nid et faire intervenir un professionnel ?

La présence de frelons sur les fruits ne prouve pas qu’un nid est installé dans le figuier. En revanche, interrompez toute récolte si vous observez une entrée et une sortie répétées au même endroit, une concentration durable dans une partie de la ramure, une structure enveloppée ressemblant à du papier ou un comportement défensif à votre approche.
Dans ce cas, éloignez-vous calmement, empêchez l’accès à la zone et prévenez les personnes susceptibles de s’en approcher. L’Anses recommande de respecter une distance d’au moins cinq mètres par rapport à un nid et de ne pas tenter de le détruire soi-même. Cette distance constitue un minimum de prudence : augmentez-la si l’activité est forte, si le terrain ne permet pas un repli facile ou si le professionnel vous donne une autre consigne. ([anses.fr](https://www.anses.fr/fr/content/piqures-de-guepes-frelons-abeilles-quel-bilan-depuis-2014))
Ne bouchez pas l’entrée, ne taillez pas l’arbre et n’utilisez aucun produit. Contactez un professionnel compétent pour confirmer l’identification et décider d’une intervention adaptée. Les secours ne doivent être appelés que lorsqu’une situation relève réellement de l’urgence aux personnes.
Que faire en cas de piqûre pendant la récolte ?
Éloignez-vous sans courir vers la zone d’où vous venez et mettez-vous à l’abri. Pour une réaction uniquement locale, l’Assurance Maladie recommande notamment de laver à l’eau et au savon, d’appliquer un antiseptique puis du froid enveloppé dans un tissu. Retirez rapidement bagues ou bracelets si la main a été piquée, car elle peut gonfler. ([ameli.fr](https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/piqures-guepes-abeilles-frelons-bourdons))
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de difficulté à respirer ou à avaler, de gonflement de la langue ou de la gorge, de malaise, d’urticaire généralisée, de piqûre dans la bouche ou la gorge, ou de piqûres multiples. Une seule piqûre peut provoquer une réaction allergique grave chez une personne sensibilisée. Selon l’analyse de toxicovigilance publiée par l’Anses en 2025, les frelons, toutes espèces confondues, représentaient 25 % des cas de piqûres identifiés mais 38 % des cas graves étudiés entre 2014 et 2023. ([anses.fr](https://www.anses.fr/fr/content/piqures-de-guepes-frelons-abeilles-quel-bilan-depuis-2014))
Conclusion : récolter seulement lorsque la situation est clairement maîtrisée
Quelques frelons attirés par des figues mûres ne signifient pas automatiquement qu’un nid se trouve dans l’arbre. Une petite récolte peut parfois rester possible après leur départ, depuis le sol, avec une visibilité complète et sans geste brusque. Il faut en revanche renoncer dès que les visites sont nombreuses, que les fruits sont cachés, qu’une échelle devient nécessaire ou qu’un nid est suspecté.
Si vous repérez un nid de frelons à pattes jaunes, vous pouvez le déclarer sur SignalNids afin de contribuer au partage local des observations. SignalNids est une plateforme de signalement : ce n’est ni un service d’urgence ni une autorité publique. Restez à distance et faites confirmer la situation par un professionnel avant toute intervention.
Questions fréquentes
Un frelon posé sur une figue va-t-il forcément piquer ?
Non. Un individu occupé à se nourrir ne pique pas systématiquement. Il peut toutefois réagir s’il est coincé dans la main, pressé contre le fruit ou chassé brutalement. Attendez toujours son départ avant de toucher la figue.
Le frelon asiatique peut-il construire son nid dans un figuier ?
Oui, un nid peut être installé dans un arbre, mais les frelons observés sur les fruits peuvent aussi venir d’une colonie éloignée. Des passages continus vers un même point, une structure en papier ou une concentration inhabituelle doivent conduire à interrompre la récolte.
Quel est le meilleur moment pour récolter les figues lorsqu’il y a des frelons ?
Il n’existe pas d’horaire garanti sans risque. Une période fraîche peut être plus calme, mais il faut observer l’arbre avant chaque récolte. Si un ou plusieurs frelons sont présents, reportez la cueillette au lieu de tenter de les faire partir.
Peut-on manger une figue sur laquelle un frelon s’est nourri ?
La visite d’un frelon ne suffit pas à rendre le fruit toxique. En revanche, une figue ouverte peut être fermentée, souillée ou cacher un insecte. Attendez que la zone soit calme, lavez le fruit, ouvrez-le et jetez-le s’il est moisi, très abîmé ou fortement fermenté.
Faut-il poser un piège sous le figuier ?
Non. Un appât sucré peut attirer davantage d’insectes près de la zone de passage, capturer des espèces non ciblées et ne pas réduire significativement l’activité d’un nid. En présence d’un nid, restez à distance et contactez un professionnel.
À partir de combien de frelons faut-il arrêter la récolte ?
Il n’existe pas de seuil universel. Un seul insecte caché dans une figue peut piquer s’il est saisi. Renoncez surtout lorsque plusieurs individus restent simultanément sur l’arbre, que les retours sont continus ou que vous ne pouvez pas voir précisément les fruits et vos mains.
Sources consultées
Informations vérifiées à partir de sources publiques consultées le 18/07/2026.
- agriculture.gouv.fr (agriculture.gouv.fr)
- anses agence nationale de sécurité sanitaire alime (agriculture.gouv.fr)
- Activity rhythm and action range of workers of the invasive hornet predator of honeybees Vespa velutina, measured by radio frequency identification tags - PMC (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
- Piqûres de guêpes, abeilles, frelons et bourdons | ameli.fr | Assuré (ameli.fr)
- Piqûres de guêpes, frelons et abeilles : quel bilan depuis 2014 ? | Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (anses.fr)